LE CHANT, LES ENFANTS, LA MUSICOTHERAPIE
– Sur quoi sont basés tes cours de chant ?
–
« Pour bien chanter, la gorge doit être comme un grand trou avec rien dedans ». C'est un
chanteur italien du XVIIIème qui disait ça, c'est peut-être l'essentiel. On aborde :
l'appareil
respiratoire (abdos, tube, dos) ;
l'indépendance des muscles, la musculation (lèvres, langue,
abdos, sternum, etc …) ;
l'enrichissement vertical (étendue vocale) et
horizontal (les
harmoniques) ;
le placement de la voix ; la justesse ; l'interprétation ; pour les guitaristes,
l'articulation guitare / voix.
– As-tu une attitude particulière vers les enfants ?
– Les enjeux et l'approche ne sont pas les mêmes pour les enfants et les ados. Mais il y a des
invariants :
Chaque enfant/adolescent est unique et différent. Le choix du travail se fait
ensemble à partir d'un de ces 3 points : la musique comme loisir, ou comme
passion (donc solfège
nécessaire) ou pour
soigner (la musicothérapie peut aider à résoudre des problèmes de langage, de
spatialisation, d'intégration, de manque de sureté de soi, de mal-être, etc…). Le choix effectué donne
lieu à un
contrat tacite, sans échéancier (sauf pour les jeunes préparant des concours). Dans tous
les autres cas, une des principales qualités d'un pédagogue est la patience, je crois.
Pour les enfants, l'approche est bien entendu
très ludique, en totale rupture avec l'école. On
utilise beaucoup la voix.
Je fonctionne, face à un adolescent (s'il ne prépare pas de concours), comme face à un adulte. Sauf
que pour un ado, la musique peut être d'une grande aide à se construire, se structurer, gagner de
l'estime de soi, se réussir …
– Tu disais tout à l'heure que tu es aussi musicothérapeute ?
– « La musique, c'est la promesse qu'à chaque temps succèdera le temps suivant » disait Alain
Didier-Weill, avec qui j'ai fait une analyse didactique. Je rajoute « dans une continuité ou une
discontinuité dynamique, rythmique (temps/contretemps), mélodique, harmonique (consonant /
dissonant) et de timbre», et c'est peut-être un peu compliqué ! Mais c'est mon assise théorique, c'est
le matériel que j'emploie :
des sons non pour leurs sens, mais pour leurs relations. Ça signifie
qu'en musicothérapie tous les délires sonores sont permis (on utilise d'ailleurs un maximum les
synthétiseurs, les sampleurs ouvrent une infinité de possibilités) et utilisés dans une optique
résolument contemporaine.
Mon rôle consiste à organiser le flux émotionnel, pour mettre les maux en cris, puis les cris en «
musique » - tout ce qui n'utilise pas le langage pour lui-même étant, là, de la musique. Dans un
deuxième temps,on passe de la musique à la parole. Le travail est tourné vers la personne, son malêtre
(mais aussi son bien-être !), son histoire, et non ses acquis techniques. M X. avait de l'eczéma
sur les doigts. Celui-ci est parti en quelques mois, mais il a mis beaucoup plus longtemps à jouer
convenablement … Ce qu'il fait maintenant. Il a dominé sa souffrance pour l'exprimer avec
allégresse à travers la musique.
Je conclue par cette phrase de Claude Lévi-Strauss :
« la musique, c'est la parole masquée, la
parole qui se transforme ». Je la trouve très belle.
IL Y A DEUX FAÇONS DE PRENDRE DES COURS :
Au studio (à LILLE, quartier VAUBAN), du 1er septembre au 25 juin et par les stages du mois de juillet.
Chez soi, via la webcam, du 1er septembre au 25 juin, seul ou en groupe (de 6 € à 24 € la séance selon le nombre).
LES PRIX :
Les prix des cours au studio démarrent à 16,15 € par semaine (70 € / mois). Le cours standard, de
une heure, est à 26 €. Les séances courtes correspondent à 1/2h de travail chez soi quotidien sur la
guitare, ou la voix si l'on chante.